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Insérer le pays dans l’ère du numérique

Mercredi 27 janvier 2021, premier acte de DIGI’TALK, une plateforme de rencontres et d’échanges du monde numérique.

Le thème choisi : « Enjeux et usages des TIC aux Comores, comment aller vers une société de l’information ? »

Les interventions principales : Comores Informatique (Idriss Mohamed), l’IUT (le DG Ahmed Bacar) et l’ACTIC (Chamsoudine, le SG). L’ANADEN et RCIP4 invités, n’ont pas pu participer à l’événement.

Au regard des circonstances, la conférence fut tenue en ligne. Un webinaire. Les participants pouvaient poser leurs questions par chat.

Je me propose ici de faire connaître mon opinion.

Société de l’Information

Le paradigme est séduisant. Il reflète la fascination techniciste produite par les gigantesques progrès des Technologies de l’Information et de la Communication. Il traduit la place de l’information dans la société.

Mais il ne me semble pas suffisamment fidèle à la réalité ni indiqué pour constituer le socle d’une vision stratégique d’insertion du pays dans l’ère du numérique.

Car toute société est une société d’information. Sans les échanges entre individus il n’y a pas de société. C’est pour cela qu’on peut caractériser les sociétés à partir de leurs moyens de communication. D’où la différenciation de trois ères : la parole (l’appareil humain), le texte (imprimerie), l’hypertexte (numérique).

Lorsqu’on examine la manière des êtres humains d’échanger (directement et à distance) d’apprendre, de travailler, de se distraire on s’aperçoit de la dialectique entre les moyens de communication et la société.

Une question surgit : comment passe-t-on d’une ère à une autre ? Par la généralisation des usages des nouvelles technologies. C’est seulement quand tout le monde utilisait l’imprimerie pour produire des textes, des livres, quand tout le monde utilisait de l’argent papier que la société est passée dans l’ère du texte. Cela a façonné le monde : des écoles, des bibliothèques, ont surgi. L’écriture a permis des progrès dans d’autres domaines (le machinisme, etc)

Il s’ensuit que seule la généralisation des usages du numérique insérera notre pays dans l’ère du numérique

Les visions

Elles sont nombreuses et chacune possède sa pertinence. « Faire décoller l’économie numérique », « transformation digitale », « Comores numériques », etc.

J’opte pour l’insertion du pays dans l’ère du numérique. La généralisation des usages. Elle présuppose que chaque Comorien, quelle que soit son activité, professionnelle, éducative, ludique, etc s’appuie sur des outils numériques. Que l’usage de la monnaie électronique ne pose plus de problème. Que l’accès à Internet soit banalisé. Que le pays considère que l’analphabète est celui ou celle qui ne sait pas se servir des outils numériques pour faire face à ses préoccupations.

C’est la généralisation de l’usage qui fera décoller l’économie numérique.

La stratégie

L’insertion du pays dans l’ère du numérique oblige à un large travail d’éducation de base, de sensibilisation du public. Il faut que des systèmes d’information soient insérés dans toutes les organisations du pays, publiques comme privées.

De ce point de vue l’ANADEN accomplit un travail précieux en soutenant les initiatives des jeunes pousses, en faisant la promotion des produits et des compétences nationales.

L’on se réjouit aussi des réalisations de l’ACTIC, en premier lieu la création de ComoresLab et des événements high tech qu’elle organise.

L’on s’intéresse enfin au travail de fond de l’IUT qui ne cesse de s’améliorer.

Mais l’on ne peut que regretter l’absence de manifestation grand public comme des salons, de magasines dédiées aux TIC dans le pays.

L’insertion du pays dans l’ère du numérique doit reposer sur deux pieds : l’activité de masse et l’éducation de pointe. Susciter et entretenir l’intérêt du public pour le numérique, aiguiser la conscience des opérateurs sur la puissance des outils numériques pour les faire gagner en efficience et donc accroître leur rentabilité d’une part et d’autre part former une élite, des ingénieurs de haut niveau à la pointe des techniques émergentes et des bataillons de techniciens de divers niveaux, supports essentiels de l’activité TIC dans le pays.

Pourquoi ne pas reprendre sous des nouvelles formes le salon SIMKO (Swanaa za Informatiki na Mawaswiliyano za KOMori) et le journal BASIM (BAruwa yaheze SIM). Assurer la continuité, s’approprier l’expérience passée pour gravir des nouveaux cîmes.

Idriss(28/01/2021)

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