L’ordre international connaรฎt une mutation profonde, marquรฉe par le retour brutal des rapports de force et des logiques d’affrontement. Tandis que Donald Trump, dans son positionnement comme roi du monde, impose une vision brutale des relations internationales, Benyamin Netanyahou poursuit une politique d'expansionnisme identitaire qui nie le droit du peuple palestinien ร exister et vise la crรฉation d’un grand Israรซl. Ces deux figures symbolisent un monde dominรฉ par la dรฉmesure, oรน les intรฉrรชts nationaux les plus cyniques priment sur toute considรฉration de stabilitรฉ ou de justice ou de droit international. Sans la maรฎtrise et la retenue diplomatique de puissances comme la Chine et la Russie, la planรจte aurait dรฉjร sombrรฉ dans un conflit mondial aux consรฉquences dรฉsastreuses.
Dans cet environnement gรฉopolitique tendu, les sociรฉtรฉs dรฉpendantes du commerce mondial subissent de plein fouet les contrecoups des perturbations รฉconomiques. Les Comores, qui importent la quasi-totalitรฉ de leurs besoins en nourriture, carburant et biens de consommation, figurent parmi les รtats les plus vulnรฉrables. ร chaque tension sur les marchรฉs, hausse du pรฉtrole, crises logistiques, inflation mondiale, comme ce fut le cas sous le COVID, c'est le pouvoir d'achat des foyers comoriens qui s'effondre, menaรงant la cohรฉsion sociale et mettant ร nu la fragilitรฉ structurelle du pays.
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L'expรฉrience du mois de Ramadan a rรฉvรฉlรฉ un fait essentiel : le pays possรจde la capacitรฉ de produire une part significative de sa propre alimentation. Durant ce mois bรฉni durant lequel les Comoriens consomment les produits nationaux : banane, manioc, songe, etc. de nombreuses rรฉgions ont prouvรฉ leur dynamisme agricole, ce qui a permis de renouer avec l’alimentation culturelle du pays. Ce rรฉsultat, encore modeste, doit servir de point de dรฉpart ร une stratรฉgie agricole nationale volontariste.
Dรฉvelopper l'agriculture vivriรจre, ce n'est pas un simple objectif รฉconomique ; c'est un choix politique qui touche ร la souverainetรฉ alimentaire, ร l'emploi rural et ร la dignitรฉ nationale. Cela suppose une rรฉforme fonciรจre plus souple, des infrastructures d'irrigation, une formation des jeunes agriculteurs, un accompagnement technique et financier soutenu par l'รtat. Cette politique doit รชtre nourri par un circuit de distribution performant des produits locaux, stimulant indispensable pour les agriculteurs. La production locale doit devenir non plus un slogan de propagande dรฉmagogique, mais la base mรชme du modรจle comorien de rรฉsilience.
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Sur le plan rรฉgional, la Commission de l'Ocรฉan Indien (COI) pourrait servir de cadre naturel pour une rรฉponse collective aux bouleversements รฉconomiques mondiaux. Mais cette structure reste entravรฉe par la tutelle franรงaise, dont les prioritรฉs dictรฉes depuis Paris, รฉpousent des intรฉrรชts quasi-coloniaux et ne rรฉpondent donc guรจre aux prรฉoccupations fondamentales d’รฎles รฉloignรฉes des centres de dรฉcisions et sans poids dans les enjeux mondiaux.
Les Comores doivent donc privilรฉgier une diplomatie bilatรฉrale plus pragmatique. Le renforcement des liens avec Madagascar constitue une piste stratรฉgique prioritaire : complรฉmentaritรฉ agricole, รฉchanges de produits de premiรจre nรฉcessitรฉ, coopรฉration portuaire et maritime. Une intรฉgration รฉconomique rรฉgionale, dรฉbarrassรฉe du paternalisme des puissances coloniales et impรฉrialistes, reprรฉsenterait une avancรฉe dรฉcisive vers l'autonomie de nos deux รtats insulaires.
L’Etat comorien devrait tout faire pour surmonter les difficultรฉs actuelles, restaurer les connexions aรฉriennes et maritimes et veiller ร fluidifier des fortes relations commerciales entre nos deux pays.
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La dรฉpendance รฉnergรฉtique reste un autre gouffre majeur. Le pays importe la quasi-totalitรฉ de son carburant, grevant lourdement sa balance commerciale. Pourtant, la nature a offert aux Comores des ressources stratรฉgiques : le soleil, le volcan Karthala et les autres sites gรฉothermiques. L'exploitation de ces รฉnergies propres et durables permettra de couvrir totalement ou au moins, une partie importante de nos besoins รฉlectriques.
Accรฉlรฉrer la rรฉalisation des projets dans ce domaine, en partenariat avec des pays capables de relations gagnant-gagnant et disposรฉs ร transfรฉrer leur expertise, constituerait un acte fondateur d'indรฉpendance. La transition รฉnergรฉtique n'est pas qu'une affaire de technologie : elle traduit la capacitรฉ d'un รtat ร se projeter dans l'avenir avec confiance.
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Tout converge vers une mรชme question : le gouvernement comorien sera-t-il ร la hauteur de ces dรฉfis ? Gouverner dans le contexte actuel, exige une vision claire, une volontรฉ ferme et une audace stratรฉgique. Les Comores peuvent choisir la voie de la dรฉpendance perpรฉtuelle ou celle de la souverainetรฉ patiemment construite.
Malheureusement rien n’indique que le pouvoir Azali possรจderait cette volontรฉ ni/ou oserait s’engager sur cette voie.
Du cรดtรฉ de l’opposition, ancienne comme nouvelle, on reste encore sur sa faim. Il y en aurait mรชme qui persistent encore ร croire ร des รฉlections vรฉritables en 2029 pour changer les destinรฉes du pays !
Il n’en reste pas moins que plus on s’enfonce dans un tunnel, plus la sortie se rapproche !
Idriss 25/03/2026
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