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Maore et les JIOI Comores2027

 Le débat est vif entre ceux qui sont contre une participation à part de Maore et ceux qui l’approuvent.

Pour ces derniers il ne faut pas tomber dans l’extrémisme et alimenter le feu de la haine séparatiste. Le compromis qui permet une participation à part de Maore sans brandir les insignes français est valable aussi aux Comores. Elle permet le rapprochement entre les populations. On doit accueillir nos frères maorais. On ne peut pas réclamer « Maore sans les Maorais ».

Il est évident que l’on ne peut pas balayer ces arguments d’un trait de plume. Il n’en reste pas moins qu’il faille pousser la réflexion.

Quelles leçons tirer de la participation à part de Maore aux JIOI depuis plusieurs années déjà. Un fait parait concluant : l’érection des insignes français par Maore lors des JIOI de 2015 qui se déroulaient à la Réunion. Les négationnistes (ils nient la nation comorienne) maorais se trouvent renforcés et pensaient pouvoir transformer l’essai dans le département français de la Région.

Quelles sont les conséquences du compromis de 2005 ?

Une catastrophe pour notre pays. A l’époque Maore subissait un blocus régional qui visait l’occupation de l’île par la France. Aujourd’hui la France cherche à obtenir une reconnaissance internationale de son fait accompli dans l’île comorienne.

Pour apprécier correctement l’enjeu de la participation à part de Maore aux JIOI 2027, il faut comprendre la stratégie française des pas successifs et qui aujourd’hui lui permet de prétendre à la victoire finale : le 101° département français reconnu par le Monde.

De 1975 à 2005, la France prétendait défendre le droit de la jeunesse maoraise à participer au jeu, réclamait une non politisation d’un évènement sportif, etc. Elle exerçait une forte pression sur les présidents comoriens. Ces derniers ont fermement résisté jusqu’à l’avènement d’Azali.

Ahmed Abdallah avait proposé d’intégrer les sportifs maorais dans la délégation comorienne quitte à leur céder les disciplines de leur choix. Refus ferme des français. En 2005, les français imposent à Azali la participation des Maorais dans la délégation réunionnaise.

N’est-ce pas une preuve aveuglante qui montre que la participation des Maorais aux JIOI n’est pas un simple dossier sportif. Elle touche en réalité au cœur même de la « question de l’île comorienne de Mayotte » (formule consacrée de l’ONU)

La France ouvrit une brèche. Elle l’étendit peu à peu. Maore obtint plus tard la possibilité de participer à part aux jeux. Maore fut intégré dans toutes les instances de la COI.

La France a ainsi atteint la phase finale dont l’objectif est clair : reconnaissance internationale de la francité de Maore. D’où le coup d’essai de 2015 à la Réunion. D’où le projet d’inclure Maore comme département français lors du sommet France – Afrique prévu au Keyna. Imposer le fait accompli.

On mesure alors que la participation de Maore à part aux Comores ne sera pas un simple fait anodin, elle alimentera l’argumentation française en tant que symbole de notre abandon de notre combat national qui s’en trouvera notoirement décrédibilisée.

« Maore sans les Maorais » est un slogan des séparatistes, pas des unionistes maorais. Ils sont réduits au silence par la répression de l’Etat français et des collectifs. Eux se réjouissent du combat pour l’unité et seront renforcés si d’aventure nous parvenions à obtenir que les athlètes maorais ne participent aux JIOI que dans la délégation comorienne

Question fondamentale : Azali a ouvert la porte à la France, va-t-il oser la fermer et préserver le pays d’une catastrophe nationale ou va-t-il encore se soumettre parachevant un processus capitulard qui entachera ses présidences pour la postérité ?

Question subsidiaire, jusqu’à quand les partis politiques, anciens et nouveaux, de l’intérieur comme de l’extérieur, vont-ils garder le silence ?

Car quel que soit l’issue des courses, le peuple se doit de montrer au monde que si des dirigeants rampent devant la France, accepte l’inacceptable, le peuple, lui, continuera son combat national jusqu’au retour de Maore dans son giron naturel

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