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PROGRAMME UKOMBOZI (C)


MAORE : RECONSTRUIRE L’UNITE NATIONALE


  • Comme chaque île de l’Archipel des Comores, Maore possède ses propres singularités. Sa proximité avec Madagascar en a fait une cible privilégiée des invasions malgaches du XIX° siècle. D’où une communauté parlant un malgache maorais. D’où aussi l’usurpation du pouvoir dans l’île comme ce fut le cas d’Andrianatsoli, celui qui a « vendu » Maore aux français.
    La population maoraise porte aussi l’empreinte d’une forte migration de Saint Mariens et de réunionnais, intervenue après la colonisation française sur l’île.
    Des « citoyens » français espérant des positions privilégiées face aux indigènes. Ils finirent par s’intégrer tout en gardant leur « nationalité » française.
    Il n’en reste pas moins que la greffe a pris et l’homogénéité du peuple comorien n’en a pas souffert.
  • Avant et pendant la colonisation l’unité de l’Archipel n’a jamais été remise en cause. Pour preuve s’il en fallait : les différents statuts administratifs institués par la France coloniale ont toujours logé à la même enseigne les quatre îles, depuis « Mayotte et dépendance » jusqu’à l’autonomie interne (1961) en passant par le rattachement à Madagascar (1914)
  • C’est au début des années 1970 que la France instrumentalisa le séparatisme maorais dans l’objectif de contrer le courant indépendantiste. Il s’agissait de retarder l’accès à l’indépendance du pays ou au moins de conserver l’île de Maore. Pour l’armée française, le lagon de Maore, constituait un sanctuaire maritime naturel qui permettait d’avoir un œil sur le Canal de Suez vers l’Océan Indien et le Canal du Mozambique, une position stratégique d’autant plus essentiel puisque l’armée française venait de perdre sa base du nord de Madagascar et cela dans le contexte de la guerre froide. L’armée française s’imposa aux dirigeants politiques français de l’époque. Rappelons que Giscard dans une conférence de presse le 24/10/1974 soutenait qu’il ne fallait pas « briser l’unité de ce qui a toujours été l’unique Archipel des Comores » ; pour sa part Mitterrand à la tête du parti socialiste français avait saisi la Cour Constitutionnelle française pour s’opposer au maintien de Maore dans l’administration française 
  • Au final, à force de manœuvres, de manipulations, de transgressions des lois et usages internationaux, de coups d’Etat dont les principaux sont liés au mercenaire français Bob Denard, la France, dans sa position de grande puissance, membre du Conseil de Sécurité, piétina allègrement la Charte de l’ONU, ignora les résolutions de l’Assemblée Générale de l’Organisation des Nations Unies (plus d’une vingtaine) et maintient Maore sous sa domination.
    Pire encore, elle érigea avec le visa Balladur, une sorte de muraille entre Maore et les autres îles. Un visa mortifère, cause de la disparition de dizaines de milliers de Comoriens, sur une population de moins d’un million d’habitants. Le bras de mer Ndzuwani – Maore est ainsi devenu un des principaux cimetières marins du monde.
  • Avec la complicité du président Azali Assoumani, la France brisa en 2005, l’encerclement de Maore dans la région Océan Indien, ce qui ouvrit la voie à la départementalisation de l’île comorienne.
  • C’est désormais à marche forcée que la France progresse dans son annexion de l’île comorienne.
    A Maore toute voix opposée à l’annexion est étouffée. L’histoire du pays est falsifiée. Les organisations cultivant la haine entre Comoriens sur la base de l’origine insulaire se multiplient et occupent les devants de la scène politique et social maorais.
    Les autorités comoriennes, soumises à forte pression, capitulent et se rangent du côté de la Police de l’Air et des Frontières de Maore pour traquer les « clandestins » comoriens, etc.

NOTRE ORIENTATION

1.    Maintenir vivace la flamme de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale jusqu’à la réintégration de Maore dans l’Etat comorien et pour ce faire, mener un combat politique soutenue et ferme contre l’annexion de l’île comorienne.

2.    Travailler à la construction d’un front uni national autour d’une stratégie judicieuse qui apaisera les tensions et ouvrira la voie à des retrouvailles après une période transitoire.

3.    Rapprocher de toutes les façons possible les populations de nos quatre îles dans le cadre de manifestations culturelles, sportives et sociales

4.    Mener une diplomatie judicieuse pour isoler la France afin de la contraindre à négocier dans un cadre international édifié autour de l’Union Africaine.


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