La vidéo en comorien : Non à la loi anti immigré
L'article
Lorsqu'un pays n'a plus de réponses aux difficultés économiques, il lui reste parfois la tentation du bouc émissaire. Aux Comores, cette tentation prend aujourd'hui le visage de l'immigré pauvre. On lui interdit certains petits métiers, notamment le petit commerce, au nom d'une prétendue protection de l'emploi national.
Il est plus facile de désigner un coupable que d'assumer ses
propres échecs. C'est le vieux mécanisme populiste : détourner la colère
populaire vers une minorité sans pouvoir afin d'éviter que les citoyens ne
demandent des comptes à ceux qui gouvernent. C'est une politique populiste, aussi
spectaculaire qu'inefficace
Les Comores ne sont pas un pays d'immigration. Elles sont
l'un des pays d'émigration de la région. Des centaines de milliers de nos
compatriotes vivent à l'étranger. On devrait être le premier pays à comprendre
qu'un migrant n'est pas un ennemi. Parce que chaque famille comorienne connaît,
de près ou de loin, un fils, une fille, un frère ou une sœur qui vit à
l'étranger. En défendant les droits des immigrés chez nous, nous défendons
aussi ceux de nos propres enfants ailleurs.
Cette politique ne s'attaque jamais aux véritables causes de
la pauvreté. Les responsables du chômage ne sont ni le vendeur ambulant
étranger, ni la petite commerçante venue gagner sa vie.
Aucun pays ne s'est développé en interdisant aux pauvres de
travailler. Ce dont les Comores ont besoin, c'est d'une révolution économique :
moderniser les infrastructures, faciliter la création d'entreprises, de la
micro à la grande, sécuriser le droit des affaires, favoriser la création d’industrie
de transformation de nos richesses naturelles et offrir aux jeunes les moyens
de créer plutôt que de s’exiler.
Une nation grandit lorsqu'elle protège les plus faibles.
Elle s'appauvrit lorsqu'elle leur fait porter le poids de ses propres échecs.
Idriss 31/07/2026
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