Objet : le faible traitement de la question de Maore
Je m’adresse à vous avec gravité, mais aussi avec respect,
car votre rôle dans la conscience nationale est immense. La question de Mayotte
n’est pas une question secondaire, ni un simple sujet diplomatique parmi
d’autres : elle touche à l’intégrité territoriale de notre pays, à notre
mémoire collective, à notre souveraineté, et à notre dignité nationale.
Aujourd’hui, je m’interroge sur le traitement médiatique de
cette question fondamentale. Je suis abonné à Alwatwan, Lagazette des Comores
et à Alfajr. Je suis régulièrement les sites d’info Habarizacomores et de temps
en temps Comoresinfo. Je suis parfois le journal de FCBKFM.
Mais je ne peux pas produire des statistiques précises sur
le volume d’articles ou d’émissions consacrés à Mayotte, cependant mon
sentiment dominant est clair : il y a peu de suivi, peu de continuité, et trop
souvent une faible résonance nationale autour des faits qui engagent pourtant
l’avenir du pays.
Je prends deux exemples récents. Lorsqu’une région du Togo
signe un contrat de coopération économique avec Mayotte, le gouvernement
comorien réagit par une déclaration officielle. Il me semble qu’elle n’a été
diffusée que par Alwatwan. En tout cas cette réaction n’a pratiquement pas été
reprise, ni portée, ni transformée en sujet d’alerte nationale par nos médias.
À Maore, en revanche, l’événement a fait du bruit, a circulé, a été exploité et
commenté. De même, lorsqu’une délégation taïwanaise visite Mayotte pour nouer
des relations économiques, le silence ou la discrétion dominent du côté du
gouvernement et des médias de la partie indépendante de notre pays, alors qu’à
Maore l’événement suscite une forte visibilité.
Ce que cela interroge
Face à ces faits, deux questions se posent.
La première est celle d’une possible sous-estimation de
l’importance de Maore dans notre agenda médiatique et national. Comment
comprendre qu’un dossier qui touche directement à l’intégrité du territoire du
pays ne bénéficie pas d’un traitement reflétant son importance historique,
politique et symbolique ? Maore n’est pas un sujet périphérique. Maore est au
cœur de notre intégrité territoriale, de notre souveraineté, de notre mémoire
historique et de notre avenir politique. Ce n’est pas un simple conflit
territorial ni une ordinaire question diplomatique. Elle touche à l’existence
même de notre nation.
La seconde est celle de la stratégie de la France. Faut-il
s’inquiéter de l’efficacité de la stratégie d’influence de l’ambassade de
France aux Comores, ou plus largement de la capacité des réseaux d’information
adverses à marginaliser notre récit national ? Je me suis exprimé en la matière
dans mon blog https://blogidriss.blogspot.com/2026/07/mr-chapon-un-ambassadeur-invasif.html
Un appel
Je lance donc un appel solennel à notre quatrième pouvoir :
- Faites
de Maore un sujet permanent d’information, d’analyse et d’alerte.
- Donnez
de l’écho à chaque initiative qui sert la cause comorienne.
- Décryptez
les manœuvres de légitimation, même lorsqu’elles prennent la forme
apparemment neutre de coopérations économiques ou territoriales.
- Multipliez
les reportages, les éditoriaux, les dossiers spéciaux, les débats
contradictoires.
- Sensibilisez
nos populations, nos jeunes, notre diaspora, et l’opinion africaine et
internationale.
- Prouvez
au monde que les Comores ne renonceront jamais à Maore
Vous n’êtes pas de simples relais de nouvelles. Vous êtes
des acteurs de souveraineté. Vous avez un devoir envers la nation, un devoir de
vigilance, un devoir de mémoire, un devoir de pédagogie. Quand un dossier comme
Maore est affaibli dans l’espace public, c’est la conscience nationale
elle-même qui s’érode.
Au final
Je ne demande pas aux médias de remplacer les institutions, Je
prie le quatrième pouvoir de faire ce que leur mission exige : informer,
expliquer, alerter, relier les faits à l’intérêt national, et ne jamais
banaliser ce qui concerne l’intégrité de notre pays
Oui, les Comoriens n’ont jamais cédé. Oui, ils ne céderont
jamais. Mais pour que cette position vive dans les esprits et dans le monde, il
faut une presse à la hauteur de l’histoire. Je vous appelle donc, médias
comoriens, à prendre toute votre place dans la résolution morale, politique et
diplomatique de la question de l’île comorienne de Maore.
C’est avec respect et espoir que je vous adresse mes
salutations patriotiques
Idriss Mohamed Chanfi
Moroni le 03/08/2026
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