La stratégie française d’annexion de Maore s’avère
plus subtile, plus pernicieuse. Elle consiste à distiller dans l’opinion
mondiale, l’idée que les Comores ne sont constituées que de trois îles tandis
que Maore serait un archipel à part, pleinement français. Cette narration ne
repose pas seulement sur des discours, mais sur des actes concrets : accords de
coopération économique ciblés, cartes géographiques tronquées, et diplomatie
régionale active, en premier lieu au sein de la Commission de l’Océan Indien,
cette arme tranchante dont se sert la France.
La France promeut des partenariats directs entre Maore et des pays africains ou asiatiques, présentés comme des coopérations « techniques » ou « décentralisées », excluant systématiquement les trois autres îles. Chaque signature renforce l’idée que Maore est un territoire autonome, détaché de l’ensemble comorien.
Mais le plus inquiétant c'est que cette stratégie fonctionne à l’extérieur
comme à intérieur. Imaginez donc, des cartes excluant Maore publiés aux Comores.
On se rappelle des cartes publiées par des ministères par
manque de vigilance, piégé par l’Intelligence artificielle !? D’autres
affiches récentes que je publie dans cet article s’insèrent dans ces ornières :
affiche du salon de l’emploi tenue au Palais du Peuple et inauguré par notre
Chef d’Etat, pas moins. Un appel à candidature pour les Organisations de la
société civile, avec le parrainage bien évidemment de l’AFD et d’Expertise France.
Malheureusement il se trouve des Comoriens pour prétendre par
pragmatisme que ces projets ne concernant que les trois îles, qu’il ne faut pas
voir le mal partout, que c’est du complotisme, donc ces cartes seraient logiques.
C’est une erreur stratégique majeure. Accepter des cartes à trois îles, même
pour des projets limités, c’est valider la narration française d’une Maore
détachée des Comores. On devrait toujours inclure Maore, ne serait ce que
signaler son absence pour cas de force majeure.
La représentation cartographique n’est jamais neutre.
Présenter Maore comme un archipel séparé participe à une forme de «
cartographie d’annexion », insérant dans les esprits une réalité géographique
falsifiée.
Il est temps de reprendre la main notre narration. Les
Comores doivent exiger que toute carte représentant l’archipel inclue les
quatre îles, sans exception, et dénoncer les accords qui traitent Maore comme
un territoire extérieur.
Il est temps de dénoncer cette stratégie de fragmentation.
Les Comores doivent :
·
Exiger que toute carte d’une institution de l’ONU,
représentant l’archipel inclue les quatre îles, sans exception. Une mise au
point devrait être adressée au Secrétaire Général de l'ONU
· Dénoncer les accords de coopération qui traitent
Maore comme un territoire extérieur aux Comores.
·
Sensibiliser l’opinion africaine et
internationale sur la nature annexionniste de ces pratiques.
Idriss (24/08/2026)
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