Le discours du président français à la tribune de la 81ème AG de l’ONU est une plongée vertigineuse dans un cynisme généralement pratiqué par les dirigeants des grands pays impérialistes avec néanmoins une singularité française : une forte dose de mépris des peuples qui ploient sous sa domination.
Le président français n’a pas
froid aux yeux. Il s’indigne devant ce monde de la barbarie, gouverné par les
lois de la jungle. Il dénonce le pouvoir des empires qui veulent dominer tout
le monde, le pouvoir des puissants qui peuvent changer les gouvernants d’un
pays, y semer le chaos, le pouvoir des puissants qui veulent s’accaparer des
richesses du monde, et d’autres perles du même genre qu’il serait illusoire de tous
les citer. Et cerise sur le gâteau empoisonné il proclame haut et fort, les
yeux dans les yeux du monde dans sa défense du droit international : il ne
suffit pas d’invoquer la loi, c’est le double standard qui mine le monde, qui
enlève toute crédibilité à l’ONU, qui empêche le jeu du multilatéralisme.
Pour un Africain,
particulièrement pour un Comorien, cela est franchement insupportable. Ce
mépris arrogant est absolument inacceptable.
Oui la France subit à son tour l’empire
Trump, mais de là à se poser en défenseur de la souveraineté des peuples sans
interroger ses propres pratiques, il y a un immense fossé impossible à
enjamber. Le double standard éclate au grand jour !
Aveuglés par leurs intérêts égoïstes,
les dirigeants des grands pays impérialistes ne perçoivent pas la détermination
grandissante des peuples dominés à se libérer. Enfermés dans leur logiciel des
temps révolus, ils ne comprennent que le monde d’en bas ne veut pas de cette
ONU de la démocratie des puissants, cette ONU qui place un de ses organes, le
Conseil de Sécurité, au-dessus de l’Assemblée générale, de la volonté de tous
les pays.
Il n’en reste pas moins que le
principe de réalité impose aux Etats des petits pays à y prendre part. Notre
pays les Comores doit y participer, non pas pour de la figuration, non pas pour
s’illusionner en croyant qu’il peut jouer un rôle dans le concert des fauves
qui se disputent le monde et ses ressources, ces rapaces irresponsables qui détruisent
petit à petit les conditions de vie sur Terre.
Non il faut y dépêcher des
délégations réduites au strict minimum pour sensibiliser les pays à notre
problème existentiel : le maintien de la domination coloniale française à
Mayotte. Pour cela il faut viser une condamnation claire de la politique
française aux Comores, obtenir la réinscription de la « question de l’’île
comorienne de Mayotte » à l’ordre du jour définitif, celui qui structure
les débats de l’AG de l’ONU.
Idriss (23/09/2026)
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