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Ordre mondial ou loi de la jungle



Les tendances lourdes qui gouvernent le monde ne peuvent s’appréhender qu’au travers d’événements singuliers, parfois amples, parfois anodins. Ici il est question d’un événement de premier plan qui se trouve encore au devant de l’actualité : l’intervention armée d’un pays (les USA) contre un autre (l’Irak) pour y imposer sa loi. Car enfin pourquoi certains pays pourraient-ils posséder des armes de destruction massive et pas les autres ? Pourquoi les petits doivent-ils constituer des cibles faciles que l’on peut sans risques bombarder, envahir, dépecer, etc. La crainte de la prolifération des armes est un leurre, il n’y a pas que les petits pays qui peuvent être gouvernés par un fada devrait-on faire remarquer à Bush ! Il faudrait-poser autrement la question du désarmement général, commencer par les plus forts qui menacent les faibles sinon c’est la loi du plus fort qui est confortée ?

Ceci dit l’invasion de l’Irak révèle au grand jour le danger représenté par l’hégémonisme américain. Bush et les siens imposent leurs volontés au monde sans prendre des gants : mépris insolent envers l’ONU, menaces d’agression contre la Syrie si ce pays applique le droit international sur l’asile politique à l’égard des dirigeants irakiens, attaques en règle contre l’Iran soupçonné d’immixtion dans les affaires intérieures irakiennes, etc. Tout le monde doit se mettre au pas derrière Bush sinon …. Et c’est la panique chez ceux que le « Satan » US qualifie de « force du mal », de « pays voyou » et autres sobriquets de cette veine propre aux administrations américaines. Et bien sûr tout cela est appuyé par une campagne médiatique mondiale relayée par tous les grands médias internationaux, campagne qui érige en pragmatisme la loi du plus fort et en idéologie d’un autre age toute résistance à l’hégémonisme US

Nouveauté significative : les « grands » pays n’échappent pas au courroux de Bush. La France qui s’est distinguée par sa défense du droit international et sa diplomatie active est devenue une des cibles, comme un insignifiant pays du tiers monde, elle est menacée de sanctions par l’administration Bush !? Eh oui la France, celle qui pratique la loi du plus fort chez nous, celle qui maintient l’île comorienne Maore sous administration française malgré les résolutions de l’ONU, celle qui a imposé le visa entre Maore et ses îles sœurs, celle qui fait preuve de tant d’arrogance pour obtenir l’intégration de Maore dans la Commission de l’Océan Indien, la France qui vient jusque dans notre propre pays et devant nos propres autorités nous narguer avec des relations entre Mayotte française et les Comores, cette France là subit elle aussi la loi du plus fort. Comme on dit chez nous, « DJUMWADJU NA DJU » (on trouve toujours plus fort que soi).

N’est-il pas temps pour la France et certains autres grands pays d’ouvrir les yeux sur la nécessité de faire bloc avec les petits pays pour défendre partout la justice, l’égalité en droit et en devoir de tous les Etats du globe et les cinq principes de la coexistence pacifique ? Mais alors il faudrait commencer soi-même par cesser de malmener les pays d’Afrique, du Moyen Orient, d’Asie et d’Amérique Latine. Pour la France, cela implique de mettre un terme à sa politique agressive envers les Comores en ouvrant une voie sérieuse vers le retour de Maore dans l’Etat comorien.

Idriss 25/04/2003

Commentaires

Unknown a dit…
Idriss,
Je reconnais que je partages plsieurs de vos convictions et positions . Plus particulièrement celles portant sur la defense de l'unité et l'integrité territoriale . C'est aussi vrai sur la lutte contre le mercenariat, la fuite effrenée contre l'exercice du pouvoir à n'importe quel cout . Bref j'adhère a vos positions politiques sur la situation comorienne et sur les perspectives .
Votre analyse et appreciation sur le rôle du FMI , BM et d'une façon générale sur la cooperation "classique" internationale est globalement juste mais peche parfois par angelisme et idéalisme. Pour notre pays vous posez une problématique auquel j'adhère mais vous ne donnez uucun debut de reponse . OUI" Pour les Comores il est possible d'esquisser des pistes alternatives, crédibles, adaptées à un petit pays insulaire dans le contexte de la globalisation forcenée." Mais comment ? quels sont ces pistes alternatifs ?
Continue et bon courage

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