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« UN MIRACLE PUR SUCRE »

Un exemple qui éclaire les mécanismes du « marché mondial libéral » dans le commerce. La production agricole des pays développés du Nord est subventionnée et protégé par des droits de douane prohibitifs, ce qui la rend compétitive malgré des coûts de revient énormes. Pour leur part les consommateurs des pays capitalistes du Nord financent les subventions à travers leurs impôts et paient au prix fort ces mêmes produits. Les pays agricoles du Sud ne peuvent donc plus écouler leurs produits dans les pays du Nord et se trouvent dans l’obligation d’emprunter dans les grandes banques du Nord. Ces mécanismes qui appauvrissent les pays du Sud et les peuples du Nord n’ont qu’un seul objectif : maximiser les marges des grandes multinationales qui dominent le monde. Et les experts internationaux des grandes institutions de Bretton Woods qui imposent aux pays du Sud de « libéraliser », de réduire « les taxes douanières », de « minimiser le rôle de l’Etat » pour attirer les investisseurs, etc, semblent ne rien y comprendre à moins que leurs rôles consistent précisément à favoriser ce phénomène. L’ article qui suit, tiré du « CANARD ENCHAINE » numéro 4310 du 4 juin 2003 est en tout cas limpide pour qui ne s’est pas bouché les yeux et les oreilles.
.L’Europe produit le sucre le plus cher du monde (son prix de revient est plus de deux fois plus élevé que celui du Brésil ou de la Zambie) en est pourtant le plus grand exportateur de la planète. Explication : un habile mixage de droits de douane prohibitifs (140%) frappant les importations, d’une part et des subventions massives d’autre part a permis aux betteraviers européens de faire baisser les cours internationaux de plus de 15% et de s’emparer de 40% du marché mondial. Pour certains pays, tel le Mozambique, la perte de revenu (environ 100 millions de dollars) équivaut aux trois quarts de l’aide au développement que lui prodigue généreusement l’Europe. Les consommateurs européens qui paient leur sucre trois fois plus cher que le cours mondial ne sont pas non plus à la fête. En revanche, les grands fabricants de sucre ont en moyenne une marge bénéficiaire miraculeuse de 28%. Chapeau…

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